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Une commande d’Eiffage Route,
concrétise le passage à l’industrialisation

La société rennaise, produisant des tensioactifs verts aux applications variées – émulsions bitumineuses, cosmétiques, détergents industriels – a réussi ses premières productions à l’échelle industrielle, pour une première commande d’Eiffage Route. SurfactGreen développe, produit et commercialise des tensioactifs écologiques brevetés issus d’agro-ressources tels que les algues ou les coproduits de betterave.

de g. à d. Francis Galle ingénieur formulation, Freddy Pessel ingénieur R&D, Xavier Roussel directeur général, Cédric Boyère ingénieur R&D. 4 des 8 salariés de Surfactgreen

« Franchir le mur de l’industrialisation est une étape cruciale, qui crédibilise fortement nos ambitions » indique Xavier Roussel, Directeur Général et Co-Investisseur de SurfactGreen. « En chimie verte, passer de l’échelle du laboratoire avec une production qui se quantifie en kilo, à une production en tonne, est un cap compliqué. C’est ce que nous venons de faire : nous avons livré plusieurs usines de production d’enrobés bitumineux d’Eiffage, permettant la réalisation de centaine de kilomètres de bitume. » C’est un marché colossal, et extrêmement compétitif, de commandes émanant des collectivités territoriales, régions, départements…
« Nous sommes par ailleurs les seuls au monde sur ce marché de niche très spécifique des tensioactifs cationiques (chargé positivement), brevetés, facilement biodégradables, offrant une très faible toxicité humaine et environnementale. »

Les partenariats, clef de l’exigence produit

« Nous sommes très heureux de réaliser ce premier contrat avec Eiffage Route, un partenaire historique » ajoute Pierre-Yves DIVET, Président et Fondateur de SurfactGreen. « Il y a une confiance mutuelle entre nous depuis le début de l’aventure SurfactGreen. Nous avons réussi à pénétrer le marché extrêmement compétitif du BTP grâce à nos produits écologiquement responsables et performants. »

« Le succès de SurfactGreen vient de sa capacité à développer des produits, tiré par les exigences clients, » ajoute Xavier Roussel. « Aucun développement ne se fait sans un partenariat engagé à toutes les étapes de développement, avec au moins un client partenaire. L’innovation ce n’est pas que les produits, c’est aussi dans les processus de travail, cela permet d’être entièrement focalisé sur les besoins clients et d’être rapide. »

Investissements et Industrialisation

La société Palchem en région Hauts-de-France est le partenaire industriel, « ils ont le process de fabrication, nous amenons le procédé. À Rennes, sur le site de Beaulieu nous avons simplement nos bureaux et les laboratoires. » Les partenaires financiers, Go Capital et FINOVAM Gestion, ainsi que le concours d’innovation 2018 opéré par Bpifrance (subvention de 1,1 million d’euros), ont permis à la startup de développer une très forte activité RD « Les matières utilisées sont issues d’agro-ressources tels que la betterave à sucre ou les algues, mais ce sont des coproduits, nous ne sommes pas en compétition avec la filière alimentaire. »

Un marché à 40 milliards de dollars

« Le marché mondial de tensioactifs représente 40Md$ ». Des produits en grande majorité issus de la pétrochimie. Dans un contexte de développement durable, de prise de conscience de l’impact environnemental de l’usage des ressources fossiles, les agro-tensioactifs jouissent d’une très bonne image. Issus des ressources naturelles et renouvelables, ils sont appréciés pour leur faible toxicité, une biodégradabilité supérieure aux tensioactifs d’origine pétrochimique, et une moindre agressivité sur la peau.
Cela laisse penser que leur taux de pénétration devrait s’accroître dans les années à venir. « Nous sommes sur un marché de niche de tensioactifs cationiques -dont la partie hydrophile est chargée positivement. C’est 10 % du marché… Il existe des produits partiellement biosourcés, nous proposons du 100 % biosourcé… Sur ce segment nous n’avons pas de concurrence… »

À propos de SurfactGreen 
SurfactGreen est le fruit d’un business unit de l’École Nationale Supérieure de Chimie de Rennes, née en 2011. En octobre 2016, elle devient une start-up, en janvier 2017 elle réussit une levée de fonds de 1,4 M€. Ses partenaires financiers sont : Go Capital, FINOVAM Gestion, SATT Ouest Valorisation ainsi que 6 actionnaires privés qui travaillent au sein de la start-up. En moins de 1 an, les effectifs de SurfactGreen ont doublé et l’on compte à ce jour 10 personnes.

Contact : www.surfactgreen.com

7JOURS N°4996 _ Novembre 2019

Étiquettes : EnvironnementInnovationScience
Laora Maudieu

L'auteur Laora Maudieu

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