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Portraits

Hélène Duval directrice territoriale Énedis pour Rennes métropole et directrice Bretagne du numérique

La dépendance à l’électricité est aujourd’hui très forte, accentuée à Rennes par une population croissante, et l’essor des mobilités électriques. La production d’énergie et sa distribution sont aussi en mutation, on voit notamment le développement de projets citoyens avec des boucles d’autoconsommation dans les quartiers. Tout cela sur fond de data, de smart city, et de compteurs Linky.

«On compte 5 000 km de réseau électrique sur Rennes Métropole », indique Hélène Duval. « Notre but à ENEDIS est d’anticiper les évolutions sociétales, les nouveaux logements et nouvelles ZAC… Le réseau ne nous appartient pas, il appartient aux collectivités. Nous en sommes gestionnaires, des facilitateurs pour le raccordement et le comptage notamment. Nous accompagnons aussi les territoires dans la transition énergétique, sur les thèmes de la mobilité, de la production d’énergie, etc. »

Données Linky

Les compteurs d’électricité sont remplacés ces dernières années par des compteurs dits « communicants », Linky. « Il y a 230 000 compteurs Linky sur la métropole, sur les 260 000 clients ou foyers. On est à 90% du déploiement ».

Les données issues de ces compteurs permettent de connaitre ou mieux appréhender la consommation d’un foyer, d’un bâtiment, d’un quartier.

• soit une seule donnée est recueillie par jour par ce compteur, indiquant la consommation journalière d’électricité (nombre de kWh/jour).

• si le client le souhaite, le compteur peut aussi enregistrer une donnée toutes les demi-heures, soit 48 données par jour. Cela permet de comprendre le fonctionnement d’une maison par le biais de son relevé énergétique, de noter des anomalies aussi, de lisser ou programmer ses usages.

« 72 bus pourraient être déployés à Rennes entre 2021 et 2024 »

Électricité renouvelable

« Nous sommes conseil en développement, en cela nous pouvons accompagner des projets de production d’énergie. Nous sommes un point d’entrée pour les collectivités, mais aussi les associations. Un exemple de production renouvelable s’est monté à Rennes, via la SA CIREN, une coopérative citoyenne créée au printemps 2019 ».

Trois centrales solaires sont à l’étude, sur un groupe scolaire de Rennes- Sud, sur le toit d’un hangar au centre technique municipal de Saint-Jacques-de-la-Lande, sur le bâtiment culturel à Laillé. « Sur une école par exemple, la production électrique sert directement à l’école sur son temps d’ouverture. Et le week-end, la production peut bénéficier aux maisons voisines du quartier. Il s’agit de boucles d’autoconsommation, des circuits courts producteurs-consommateurs au niveau des usages de l’électricité ».

« Nous travaillons avec des étudiants des grandes écoles de Rennes pour développer ce principe d’autoconsommation, lors du dernier Digital Transformer notamment ».

« Nous sommes conseil en développement, en cela nous pouvons accompagner des projets de production d’énergie. Nous sommes un point d’entrée pour les collectivités, mais aussi les associations. »

La mobilité électrique à Rennes

L’électrification de la flotte de bus est en réflexion avec Rennes Métropole et Keolis. « C’est un enjeu majeur, cela veut dire un réseau électrique sollicité pour les temps de recharge des bus, en fonction de la technologie choisie. Nous travaillons sur le Smart Grids, cela doit permettre de piloter les heures de charge justement, et cela via les compteurs communicants ». Inutile en effet de charger entre 18h et 21h lorsque les compteurs électriques des logements tournent à plein régime. Il faut imaginer un pilotage de l’énergie afin de lisser les demandes sur les 24h d’une journée.

7 bus fonctionnant actuellement à Rennes à l’électrique. L’expérimentation doit durer jusque fin 2020, et permettre d’orienter le choix du système d’électromobilité, de rédiger les cahiers des charges d’acquisition du système complet. La première étape du déploiement prévoit de lancer 72 bus entre 2021 et 2024 indique Keolis.

Un choix de charge rapide en journée en plein centre historique via un pantographe défigurerait peut-être la place de la République, mais surtout sur-solliciterait le réseau électrique. « C’est une question d’appel de puissance, il faut lisser dans le temps pour que ce soit absorbable par le réseau ». Par ailleurs si le chargement se fait uniquement la nuit au dépôt, il faudra imaginer cela pour une flotte de près de 300 véhicules, simultanément.

RUDI , le projet à 5M€

Rudi pour « Rennes Urban Data Interface ». La SmartCity est un fil rouge à Rennes Métropole. Elle fut l’une des premières collectivités à ouvrir ses données dès 2010, l’open data, en créant le service public métropolitain de la donnée SPMD. Le projet RUDI s’inscrit dans cette continuité et fut initié en 2017. « C’est une interface de données urbaines, qui doit faciliter l’accès et la compréhension de ces données. Nous sommes partenaires depuis 3 ans, il s’agit d’agréger les données et imaginer de nouveaux services ». L’Inria travaille sur l’anonymisation des données, ENEDIS, GRDF et Keolis sont aussi partenaires, et bien d’autres acteurs rennais dont 3 laboratoires, afin d’alimenter le catalogue de données. Rennes est l’unique collectivité française sur les 20 lauréats européens, recevant ainsi près de 4 M€ de l’Europe pour RUDI, soit 80 % du financement.

ENEDIS Numérique

ENEDIS a lancé son programme de transformation numérique en 2015. « Ce n’est plus de l’interne, nous travaillons en délégation régionale avec les entreprises du territoire, les startups, les universités. Nous co-construisons notre évolution numérique ». L’innovation passe aussi par l’usage, travailler avec l’écosystème c’est aussi sortir des murs de l’entreprise et du cadre de son bureau. ENEDIS a ainsi installé un Fastlab dans les locaux de l’Eclozr rue du Général Guillaudot à Rennes.

« En 2019 au Fablab d’ENEDIS Bretagne nous avons accueilli 1 700 personnes sur 84 jours d’ateliers, réalisé 50 collaborations externes, avec les institutionnels ou les entreprises, startups, et accompagné 5 projets : cela peut être sur les thèmes de la relation client, la formation à distance de nos techniciens, des solutions de pilotages d’activité… »

« Nous avons une activité d’incubateur de projets. La Bretagne est terre d’innovation, et nous bénéficions de la force de l’écosystème rennais. C’est aussi pour cela que le Service National d’accueil des données au tiers d’ENEDIS, va être installé à Rennes courant mars ».

Parcours

41 ans, originaire de Montgermont, Hélène Duval fait des études en Management des Services à Angers, plus tard à l’IGR IAE elle passe un DESS en Marketing. Elle occupe tout d’abord des postes en Marketing terrirorial à Nantes et Saint-Malo, avant d’entrer en 2003 chez EDF-GDF Services. L’entité devenant ensuite ENEDIS. Elle occupe des postes de communication, puis 5 ans chef d’agences auprès des collectivités locales en Ille-et-Vilaine, avant de rejoindre la direction régionale de Bretagne, d’abord comme responsable des relations institutionnelles, puis directrice de cabinet, directrice du numérique, et en 2018 la direction terriroriale à Rennes Métropole.

Elle compte une équipe de 30 personnes, entre les services numériques au niveau Bretagne (avec une antenne à Brest et à Vannes) et les services territoriaux sur Rennes Métropole.

2 NOUVEAUX POSTES SOURCES SUR RENNES

Le poste source est un poste de transformation électrique haute tension du réseau de distribution, dernier élément entre le réseau électrique et le foyer ou l’entreprise. Deux postes s’ouvrent conjointement sur Rennes, l’un en 2019 à Thorigné Fouillard et l’autre courant 2020 route de Lorient, pour répondre notamment aux besoins électriques du développement de ZAC et des terminus de la ligne B du métro.

Laora Maudieu

L'auteur Laora Maudieu

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